samedi 10 mai 2008

Un musée fantôme de l'Europe

400 millions d’Européens et aucun musée sur leur histoire commune. Depuis 10 ans, l’association Musée de l’Europe s’active pour en construire un à Bruxelles. Un travail de longue haleine.

Une oeuvre de Jörg Frank

Parler de l’Europe, ça n’intéresse personne. Vraiment personne ? En 6 mois, l’exposition « C’est notre histoire », dressée dans les immenses locaux de Tour&Taxis à Bruxelles et dédiée aux 50 ans de l’Union européenne (UE), a attiré 130 000 visiteurs. A l’origine du projet, l’association Musée de l’Europe, une société à but non lucratif (S.B.L) qui se bat depuis 10 ans pour installer à Bruxelles un musée retraçant l’histoire du vieux continent. « Cela prouve qu’il y a une attente du public », avance Tamara Goldstein, secrétaire scientifique. Les Européens connaissent peu l’Histoire de l’Europe, voilà pourquoi ils la chérissent moins ». Pour Nicolas Esgain, également secrétaire scientifique, "le succès de notre exposition dépoussière le concept de musée : oui, un musée peut être passionnant et ludique".


Dur dur d'être un musée de l'Europe


Un musée de l’histoire de l’Europe : si l’idée semble faire consensus, son contenu est sujet de polémique : « on se demande toujours quelle Histoire on peut raconter, s’interroge Nicolas Esgain, secrétaire scientifique. Doit-on évoquer, par exemple, si elles existent, les racines religieuses de l’Europe? » Reste à savoir si cela explique le nombre de portes fermées, qu’elles soient belges ou européennes, à la barbe de l’association : « J’y vois plusieurs raisons. Des raisons historiques : les musées symbolisent une identité nationale et non transnationale ; des raisons culturelles : comprendre la nécessité de montrer ce que les Européens ont en commun est récente ; et des raisons politiques. » La proximité des institutions européennes n’a pas insufflé de réel dynamisme : « C’est dommage car ceux qui visitent les institutions n’ont rien à se mettre de plus sous la dent que des salles vides». D’où l’idée, en 2005, d’installer ce musée dans les locaux du Parlement européen : « Nous avions passé un accord formel mais ils ont finalement préféré implanté un visitor centre qui explique le fonctionnement des institutions ».



Rendez-vous dans 15 ans

Depuis, le musée de l’Histoire de l’Europe se cherche un toit. Un toit à quelque 32 millions d’euros. « Notre fenêtre de tir est assez encourageante. Notamment parce qu'Hans-Gert Pöttering (le président du Parlement européen) souhaite installer une "maison de l'Histoire"» Nicolas Esgain est un des précurseurs du projet : « Au début, je pensais qu’édifier un musée était rapide. Mais des historiens ont prouvé qu’en moyenne, un musée naissait en 25 ans ! » Alors, patience et rendez-vous dans... 15 ans.

1 commentaire:

Marie* a dit…

Bon papier intéressant, vivant mais qu'a pensé élo de ce musée? et pourquoi pas 27 fois la même version de ce musée ou une expo itinérante dans les campagnes européennes, le bus à colza de Bayrou pourrait servir..:-)